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DPGF, BPU, DQE : bien lire les pièces de prix d'un marché

Dans un dossier de consultation, les pièces de prix disent deux choses : comment l'entreprise doit chiffrer, et comment son offre sera comparée aux autres. Trois sigles reviennent en permanence — DPGF, BPU, DQE — et on les confond souvent. Voici ce que recouvre chacun, comment se structure une décomposition de prix, et les réflexes qui font gagner des heures sur un lot technique.

Qu'est-ce qu'un DPGF ?

DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. C'est le document qui détaille, ligne à ligne, comment se construit le prix forfaitaire proposé par l'entreprise. Le maître d'ouvrage ou la maîtrise d'œuvre fournit la trame — postes, unités, le plus souvent les quantités — et l'entreprise renseigne ses prix unitaires. La somme des lignes constitue son offre.

Le point important tient en une phrase : dans un marché forfaitaire, c'est le forfait qui engage, pas la ligne. La décomposition sert à justifier le montant, à comparer les offres entre elles et, plus tard, à valoriser les travaux modificatifs. C'est aussi elle qu'on ressortira en cas d'avenant ou de litige — raison suffisante pour la soigner.

DPGF, BPU, DQE : ne pas confondre

Les trois documents se ressemblent à l'écran mais n'ont pas la même portée contractuelle.

  • DPGF — décomposition d'un prix global et forfaitaire. Les quantités sont généralement fournies. Le total constitue le prix du marché.
  • BPU (bordereau de prix unitaires) — une liste de prix unitaires sans quantités. On l'utilise dans les marchés à bons de commande : le montant payé dépendra des quantités réellement commandées.
  • DQE (détail quantitatif estimatif) — un BPU auquel on ajoute des quantités estimatives, uniquement pour classer les offres. Il n'est pas contractuel : c'est une simulation de commande.

Conséquence pratique : sur un BPU, un prix unitaire mal calé se répercutera sur toute la durée du marché. Sur un DPGF, une erreur de quantité fournie par le maître d'ouvrage peut, elle, se négocier — à condition de l'avoir signalée pendant la consultation.

Comment se structure un DPGF

La logique est toujours hiérarchique : lot → chapitre → sous-chapitre → poste. Chaque ligne de poste porte au minimum un code, une désignation, une unité (u, ml, m², ens., forfait), une quantité, un prix unitaire HT et un total. Des sous-totaux ferment chaque niveau, et un total général clôt le lot.

En MEP, cette arborescence suit généralement le découpage du CCTP : chauffage, ventilation, plomberie sanitaire, désenfumage, courants forts, courants faibles, SSI… Certains maîtres d'œuvre ajoutent un niveau par bâtiment ou par zone, ce qui multiplie les lignes mais facilite le suivi de chantier.

Le code article mérite une attention particulière : c'est lui qui permet de rapprocher automatiquement votre chiffrage interne et le document rendu. Le conserver tel quel évite des heures de pointage manuel à la remise des offres.

Ce que l'entreprise doit renseigner

Le principe est simple : chaque ligne demandée doit recevoir un prix cohérent avec votre sous-détail. Quelques règles s'appliquent presque toujours.

  • Ne laissez aucune ligne vide. Une case non renseignée est souvent considérée comme une offre incomplète, donc irrégulière.
  • Une ligne à 0 € et une ligne non chiffrée ne veulent pas dire la même chose. Si une prestation est incluse ailleurs, écrivez-le explicitement.
  • Les variantes et options se chiffrent dans les zones prévues, jamais en modifiant l'offre de base.
  • Précisez ce que le prix recouvre lorsque la désignation est ambiguë — cela évite les discussions ultérieures sur le périmètre.

Les pièges les plus fréquents

La plupart des offres écartées le sont pour des raisons de forme, pas de prix.

  • Modifier la structure du fichier — ajouter des lignes, renommer des chapitres, changer l'ordre. L'offre devient incomparable et peut être rejetée.
  • Écraser les formules de total en collant des valeurs : les sous-totaux ne suivent plus.
  • Chiffrer une quantité manifestement fausse sans la signaler. Mieux vaut poser une question écrite pendant la consultation : la réponse profite à tous les candidats et vous protège.
  • Réutiliser un DPGF d'une affaire précédente sans revérifier les codes ni les unités. Les trames se ressemblent, les quantités jamais.
  • Rendre un fichier dans un format non demandé, ou renommé.

Bonnes pratiques pour aller vite

Un DPGF de lot technique dépasse souvent le millier de lignes. La ressaisie n'est donc pas une option raisonnable.

  • Importez plutôt que de ressaisir. Récupérer l'arborescence et les codes directement depuis le fichier de consultation supprime la principale source d'erreur.
  • Conservez les codes d'origine tout au long du chiffrage : le rapprochement ligne à ligne devient automatique à la remise.
  • Isolez variantes et options dès le départ, dans une branche distincte de votre chiffrage.
  • Contrôlez avant d'envoyer : lignes sans prix, unités incohérentes, quantités nulles, écart entre le total calculé et le total attendu.
  • Archivez la version transmise. C'est elle qui fera foi pour les avenants.

En résumé

Le DPGF n'est pas un simple tableau à remplir : c'est le document qui rend votre offre lisible, comparable et défendable. Distinguez-le du BPU et du DQE, respectez scrupuleusement la trame fournie, conservez les codes, et automatisez l'import plutôt que la ressaisie. Le temps gagné sur la mécanique, vous le remettez sur ce qui fait vraiment la différence : la justesse de vos prix.

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